2. Maison en paille : neuve ou en rénovation, elle est naturelle, écologique et économique !

(Vidéo de présentation qui détaille la construction et le devenir de M.O.B. et bâtiments à plusieurs étages isolés en paille et de maisons en paille porteuse en Allemagne et Suisse 10 ans après leur édification)

La paille peut être utilisée pour construire une maison neuve ou isoler une construction ancienne naturelle dont on veut garder les caractéristiques et performances d’origine.

 

Plan de cette page :

1. Intérêts de la paille dans une M.O.B.
1.1. Protection de notre planète
1.2. Achat local des bottes à des tarifs raisonnables
1.3. Adapté aussi bien aux auto-constructeurs qu’aux industriels
2. Différentes techniques utilisées
2.1. La M.O.B. isolée en paille
2.1.1. M.O.B. isolée en paille classique
2.1.2. M.O.B. avec technique du GREB
2.1.3. Le paligloo
2.2. Les maisons en paille porteuse
3. Réseau de constructeurs en paille en France
4. Rénover une maison ancienne avec de la « terre paille » ou terre allégée
4.1. Une cloison en terre allégée en pratique
4.1.1. Comparaison méthode du GREB et terre allégée pour murs extérieurs
4.1.2. Comment monter une cloison en terre allégée ?
4.1.3. Coût et temps de réalisation d’une cloison en terre allégée
4.2. Les différentes utilisations de la terre crue en habitation écologique
4.2.1. Le pisé
4.2.2. La bauge
4.2.3. L’adobe
4.2.4. Le torchis
4.2.5. Réseaux de la construction en terre crue   

1. Intérêts de la paille dans une M.O.B. :

Les MOB isolées en paille ont de multiples intérêts. Essayons de les synthétiser.  

1.1. Protection de notre planète !

http://empreinte.asso.fr/wp-content/uploads/2010/10/paille_enquete-paille_broustey-jumilhaclegrand-01.jpgEn effet et pour de multiples raisons, l’isolation en paille concoure à la protection de notre environnement en bénéficiant d’une très faible empreinte écologique avec :

  • un bilan carbone négatif car la fabrication de cet isolant émet de très faibles émissions de CO2 (la coupe de la plante permet en même temps la création des bottes) et, de surcroît, comme tout produit naturel, la paille stocke du CO2 (qui sera libéré dès qu’elle sera détruite par le feu par exemple). Des scientifiques prétendent même que l’isolation complète d’une maison en paille représente un stockage de 18 tonnes d’équivalent Carbone c’est à dire les rejets de presque 10 ans d’un individu moyen ! Et que dire des économies de chauffage qu’elle procure et du bien-être apporté par ses qualités naturelles…
  • une disponibilité locale : c’est un matériau qu’on peut trouver partout dans le monde et prêt de chez soi.
  • une biodégradabilité à 100% car c’est un sous-produit agricole renouvelable (annuel) qui a un impact positif sur l’érosion et le lessivage des sols,
  • de ce fait, une très faible énergie grise : c’est le montant le plus faible de tous les isolants. Il est de l’ordre de 4 kWh/m3 quand la ouate ou les panneaux naturels obtiennent environ 20 à 50 kWh/m3 et les matériaux issus du pétrole jusqu’à 1200 kWh/m3 ! L’écart est énorme

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1.2. Achat local des bottes à des tarifs raisonnables :

http://www.lisolation.fr/wp-content/uploads/2015/08/Isolation-paille-avantages-prix-et-m%C3%A9thode-de-pose.jpgLes bottes de paille sont économiques mais les prix (revenu supplémentaire aux agriculteurs) varient énormément en fonction des régions et de leur qualité :

  • elles doivent toutes être calibrées à la même dimension (longueur et surtout largeur) même si on peut régulariser le mur avec un taille haie,
  • être suffisamment compressées : plus elles sont denses, plus elles sont rigides. C’est un point crucial pour l’isolation, l’absence de rongeurs et contre le feu ().
  • le sens des brins dans la botte doit aller de l’intérieur vers l’extérieur quand elle est posée à plat ou de haut en bas quand elle est disposée sur le champ afin d’obtenir la meilleure résistance thermique,
  • leurs fibres doivent être longues, intactes,
  • être exempt de graines (normalement plus présentes dans le foin) pour les rongeurs qui ne resteront pas car une botte très bien compressée est très difficile à percer (trop de travail !) d’autant qu’elle est protégée par un enduit.
  • être sèches (couleur dorée, pas d’odeur de fermenté) sinon l’humidité sera enfermée (ce qui attire les insectes).

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1.3. Adapté aussi bien aux auto-constructeurs qu’aux industriels :

L’isolant paille s’adapte à toutes les techniques décrites au § 2. ci-dessous. Il convient donc aussi bien :

  • http://www.eco2scop.fr/IMG/jpg/DSCN2140-2.jpgaux auto-constructeurs qui, en général, s’appuient sur une structure ossature bois dans laquelle on positionne les bottes de paille suivant différentes techniques décrites. Cela demande par contre beaucoup de temps, de travail mais c’est tout ce dont dispose en général un auto-constructeur qui, en contrepartie, fait des économies sur le prix de l’isolant. Il faut aussi adapter l’ossature bois comme dans la photo ci-contre (qui sera bien plus large pour une toiture plus épaisse, haute). Une grande diversité de paille existe, la plus courante étant la fibre de blé bien entendu mais aussi de seigle ou d’orge. Mais la paille de lavande, riche en silice possède des qualités anti-champ magnétiques et électriques.
  • et aux industriels qui fabriquent en usine (comme pourrait le faire un auto-constructeur dans son garage) les différents panneaux dans une ossature bois dont la largeur est la même que celle des bottes de paille. Cette industrialisation est devenu possible à partir du moment où des tests ont prouvé que la paille compressée résistait parfaitement au feu (démonstration en vidéo) eu égard à l’absence d’air à l’intérieur (ce qui n’est pas le cas de la paille non compressée !). L’obtention d’un D.T.U. a ouvert la porte à des http://www.cd2e.com/sites/default/files/annuaires/EM/BaseImage/160/160.jpgbâtiments à étages comme celui de Saint Dié des Vosges qui comporte 8 étages (autre exemple dans la vidéo en tête de cette page en Allemagne). La paille est utilisable partout dans une maison : murs, plancher et toit. De plus, contrairement à beaucoup d’isolants à forte énergie grise mais très répandus (laine de verre, laine de roche, polystyrène…), il ne comporte aucun danger (sans émanations nocives) dans sa manipulation et peut être mis en œuvre avec de simples outils. Il permet aussi d’obtenir esthétiquement de jolies formes arrondies qui ont indéniablement leur charme.

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1.4. D’immenses qualités naturelles mais quelques limites aussi :

La paille utilisée comme isolant comporte les qualités naturelles suivantes en sus d’être un matériau renouvelable, durable, écologique (biodégradable), locale et facile à mettre en œuvre :

  • elle répond aux exigences des règlementations thermiques actuelles RT 2012 (R > 6) mais surtout à celle encore plus draconienne de la RT 2020 des bâtiments dits à énergie positive (qui dégagent plus d’énergies qu’ils n’en consomment) en y ajoutant quelques panneaux photovoltaïques et/ou une éolienne pour subvenir aux besoins électriques (surplus revendu au fournisseur d’accès).
  • c’est un excellent régulateur thermique : on se sent bien dans ce type de maison entre-autres parce que la paille permet de réguler la vapeur d’eau contenue dans les pièces où nous vivons. On dit que les murs « perspirent » (naturellement).
  • c’est un bon isolant phonique surtout si la paille est enduite d’un support qui n’a pas la même densité comme la chaux ou la terre (l’onde est ainsi « cassée », réduite). On obtient Rw = 53-54 dB. A titre de comparaison, d’excellentes fenêtres on un indice de 40 dB : plus il est élevé et meilleure est l’isolation acoustique.
  • les murs isolés en paille sont très résistants aux forces latérales (avec ou sans ossature bois) provoquées par des tremblements de terre, des glissements de terrain… Ils ont une capacité d’adaptation, de « déformation » (puis un retour à la normale) que ne possèdent pas les maisons classiques (parpaings…) à condition toutefois que 4 conditions soient réunies :
    • densité maximale des bottes de paille qui doivent être très comprimées,
    • compression du mur remplis de bottes,
    • parfaite cohésion entre enduit et bottes de paille.

Cet isolant comporte aussi quelques limites :

  • la largeur des ballots (qui peut atteindre 50 cm) nécessite, lorsque le procédé est industrialisé, une ossature bois d’une grande largeur ce qui représente un surcoût qui peut être compensé par les économies d’échelle et la fabrication à la chaîne. Les auto-constructeurs disposent eux de techniques (« GREB », « paille porteuse » : voir § 2 ci-dessous) qui éliminent ce surcoût.
  • dans le cas d’une mise en œuvre par des auto-constructeurs, les trois conditions citées ci-dessus (compression des bottes, du mur et parfaite cohésion des enduits) doivent obligatoirement être scrupuleusement respectées sous peine de laisser des rongeurs (cavités disponibles et perforation plus facile de l’isolant) ou pire l’humidité s’infiltrer, la paille étant un matériau végétal fragile. C’est pour cette raisons qu’elle n’est pas utilisée dans des régions très humides.
  • enfin, la paille possède, comme tout autre isolant végétal, peu d’inertie pour stocker la chaleur et réguler ainsi naturellement la température à l’intérieur de la maison. Il suffit d’enduire la paille de terre ou de chaux qui rajouteront beaucoup de poids, de masse à la maison. Il est possible aussi de remplir les murs intérieurs de terre ou de sable (très courant).

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2. Différentes techniques utilisées :

Les techniques dont nombreuses mais on peut facilement distinguer deux groupes distincts :

  • celles qui utilisent une ossature en bois : on obtient une M.O.B. (décrite ICI d’une manière générale pour tous les isolants naturels sauf la paille) mais isolée en paille,
  • celles qui n’utilisent aucune armature en bois (sauf lisses haute et basse, cadres des fenêtres et portes) : ce sont les bottes ou les ballots de paille eux-mêmes qui forment une structure (de plain-pied) qui va supporter le poids de la charpente…    

2.1. La M.O.B. isolée en paille :

Comme on a pu le voir avec la M.O.B., plusieurs techniques existent. Mais ici, la paille n’est toujours qu’un isolant qui remplit un espace (assez grand eu égard à l’épaisseur des bottes) tout autour d’une armature en bois, seul matériau compatible, durable, local et abordable économiquement avec la paille.

On économise donc en remplaçant la ouate de cellulose (et fortiori la laine de bois ou d’autres isolants naturels beaucoup plus chers…) par de la paille dans le sol, la toiture et les murs extérieurs. Les prix des bottes de paille varient beaucoup autour de 2 à 4€ (livrées) soit de 6€/m2 à 12€/m2 (botte de 1m par 30 cm de haut et 40 cm d’épaisseur soit couvrant une surface de 0,3 m2). Cependant, cet avantage peut être compensé (pas dans la méthode du GREB) par une quantité supérieur de bois eu égard à la largeur des murs.

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2.1.1. M.O.B. isolée en paille classique :

Afficher l'image d'origineDans le cas de la M.O.B. classique, les bottes de paille sont positionnées comme tout autre isolant (image ci-contre) contre le contreventement (plaques d’OSB4) dans les coffres confectionnés à cet effet. La difficulté réside ici dans le tassement des bottes dans le sens de la hauteur (pas en largeur car les caissons ont été prévus en fonction). L’intérieur peut être recouvert d’un enduit (terre et chaux ou seulement à la chaux) ou de bois : respectivement, lambris et bardage après la pose d’un frein vapeur étanche à l’air.

Par rapport à l’utilisation d’un isolant à base de ouate de cellulose ou de laines, l’épaisseur des coffrages augmente avec celle des murs. On rajoute donc 10 cm à cause de l’épaisseur de la paille, ce qui représente un surcoût en volume de bois (poutres d’une largeur de 40 cm) au moins équivalent à l’économie qu’on vient de réaliser (bottes de 40 cm d’épaisseur). Or, on opte souvent pour la paille grâce à l’économie qu’on compte réaliser…

Pour ce faire, il faudra garder une épaisseur des murs équivalente avec des bottes positionnées sur le chant (cela revient à 30 cm d’isolant) ce qui ne changerait rien à l’ossature bois en sachant que la résistance thermique serait toujours suffisante.

Pour ces calculs, comptons une botte de paille de 1m par 30 cm d’épaisseur et 40 cm de large posée sur le chant, ce qui nous donne une surface couverte de 0,4 m2/botte à 3€ chacune soit 7,50€/m2. L’économie réalisée par rapport au coût d’une M.O.B. classique isolée en ouate de cellulose sera donc de :

  • 86 m2 pour les murs extérieurs : 86 m2 x 7,50€ = 645€ contre 2 000€ avec la ouate projetée humide
  • 100 m2 pour le toit : 100 m2 x 7,50€ = 750€ contre 1 100€ avec la ouate épandue
  • 100 m2 pour le sol : 100 m2 x 7,50€ = 750€ contre 1 100€ avec la ouate épandue
  • Gain total (arrondi) = 1355 + 350 + 350 = 2 055 arrondis à 2 000€.

Le gain obtenu n’est pas négligeable et tout dépend de la taille des bottes et de leur prix. Par exemple, si le prix baisse à 2€ (car l’isolation du sol, toit et murs nécessitent quand même 715 bottes = 286/0,40), le gain obtenu sera cette fois de 2 800€.

En plus du gain sur les prix, il ne faut pas oublier le surplus d’isolation qu’apportera l’emploi de la paille à la place de la ouate car sur le plafond et au sol (pas sur les murs : densité de 55 kg/m3) la ouate est épandue avec une faible densité (28 à 35 kg/m3) contrairement à la paille qui assurera au moins 75 à 120 kg/m3. La résistance thermique (R) obtenue (en ne tenant compte que de la paille) sera suffisante avec R= 0,30/0,052 = 5,8.

Prix d’une maison classique isolée en paille en tenant compte de ces modifications :

  • Murs extérieurs isolés sur 30 cm en paille = 9 500 – 1 355 = 8 145€ soit 95€/m2
  • Ouvertures (double vitrage argon avec un Uw< 1,4) = 8 500€ (idem)
  • VMC double flux qui inclus un puits canadien géothermique = 7 000€ (idem)
  • Sol isolé et arrimage (sans terrassement, sur plots) = 10 900 – 350 = 10 550€
  • Toiture isolée en paille = 10 700 – 350 = 10 350€
  • Outillage nécessaire (visseuse, scie circulaire, à sabot…) = 4 000€ (idem)

TOTAL matériaux MOB paille classique de 100 m2 = 48 600€ soit 486€/m2.

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2.1.2. M.O.B. avec technique du GREB :

Afficher l'image d'origineC’est une technique spécifique qui nous vient de la province du Québec consécutivement à des études sur les maisons isolées en paille. Le « GREB » (Groupe de Recherche écologiques de la Batture) a été mis au point en 1996-1997. Il s’agit d’une double ossature bois de montants légers (chevrons) dans laquelle on enferme les bottes de paille qui seront enduits par coffrage à l’intérieur comme à l’extérieur. Une protection en bois est aussi possible. Il faut penser à faire passer l’électricité avant de couler l’enduit intérieur (ou de poser le lambris).

Avantages :
  • coût moindre (cf. calculs ci-dessous) : 50€/m2 avec le frein vapeur, sinon 39€/m2 !
  • simplicité de mise en œuvre,
  • ossature composée d’une seule section de bois (petite),
  • l’utilisation de coffrages facilite la pose d’un enduit,
  • la double ossature en bois facilite la pose des ballots de paille,
  • possibilité de poser les bottes sur champ (sans réduire la résistance thermique grâce au sens des fibres), ensemble isolant et mortier (= enduit) cohérent et solide, bonne inertie des murs grâce au mortier (quantité d’enduit fonction de la section des montants utilisés)…

Inconvénients :

  • volume de bois important (cf. vidéo ci-dessus) mais peut-être pas autant qu’une M.O.B. classique… car il y a pas de contreventement
  • besoin très élevé en main d’œuvre (non qualifiée) ce qui explique pourquoi cette technique a beaucoup de succès auprès des auto-constructeurs.
Coût de revient d’un mur extérieur suivant la technique du GREB :

Ce procédé concerne l’édification des seuls murs extérieurs (40 cm de large) : coincer les bottes de paille entre des réseaux de poteaux en bois qui servent d’appui à un enduit intérieur et extérieur à base de chaux. Dans sa version la plus économique, ce mur nécessitera :

  • des bottes de paille (0.90 m x 0,35 m x 0,45 m couvre 0,405 m2 posés sur le chant) sur 86 m2 (113 – 27 m2) soit 86/0,405 = 212 arrondis à 230 bottes de paille soit 230 x 3€ = 700€.
  • des poteaux (chevrons de 100 par 40 mm) utilisés aussi pour les lisses basses et hautes tous les 60 cm (indépendamment de la longueur des bottes) sur 45 m (soit 2 m3 de bois pour une maison de 100 m2 au sol) soit 200 poteaux à 8€ (2,50 m de long) soit un coût de 1 600€.
  • un enduit sur 8 cm d’épaisseur (4 cm à l’intérieur et 4 cm à l’extérieur) et sur 86 m2 d’un côté comme de l’autre soit 0,08 m x 86 m2 = 7 m3 d’enduit (théorique) à bancher mais 11 m3 en réalité (tenir compte de la densité de différents matériaux qui se mélangent : dosage ICI). Composition de l’enduit :
    • 4 volumes (44% soit 4,9 m3) de sciure : à récupérer dans une scierie (gratuit),
    • 1 volume (11% soit 1,2 m3) de chaux aérienne (1 litre = 0,7 kg) soit 24 sacs à 14€ soit 340€
    • 1 volume (11%) de ciment soit (1 litre = 1,2 kg) soit 42 sacs à 6€ soit 250€
    • 3 volumes (33% soit 3,7 m3) de sable soit un petit camion à faire livrer : 300€
    • Total pour 11 m3 d’enduit banché = 340 + 250 + 300 = 890 € arrondis à 900€.
  • un gobetis d’1 cm d’épaisseur soit (0,01 m x 86 m2 = 0,86 m3 arrondis à 1 m3 théorique soit 1,6 m3 en réalité) à poser sur une trame de verre composé de :
    • 6 volumes de chaux aérienne (1 litre = 0,7 kg) soit 6 sacs à 14€ soit 80€
    • 5 volumes de chaux hydraulique (1 litre = 0,78 kg) soit 6 sacs à 11€ soit 70€
    • 20 volumes de sable soit 65% soit 1 m3 estimés à 80€
    • la trame de verre sur 86 m2 avec 2€/m2 soit 170€
    • Total pour 1,6 m3 de gobetis = 80 + 70 + 80 + 170 = 400€
  • un enduit de finition à l’extérieur (ou bardage mais bien plus cher) sur 1 cm aussi (1 m3 en théorie mais 1,6 m3 en réalité) d’épaisseur composé de :
    • 4 volumes de chaux aérienne (1 litre = 0,7 kg) soit 5 sacs à 14€ soit 70€
    • 3 volumes de chaux hydraulique (1 litre = 0,78 kg) soit 4 sacs à 11€ soit 40€
    • 20 volumes de sable soit 74% soit 1,2 m3 estimés à 90€
    • Total pour 1,6 m3 d’enduit de finition = 70 + 40 + 90 = 200€
  • le frein vapeur étanche à l’air (Intello plus) : 4,50€/m2 pour 200 m2 (100 + 100 p/ le plafond) = 900€.

TOTAL coût murs extérieurs isolés paille méthode GREB = 4 700€ pour 86 m2 soit 55€/m2 ou 44€/m2 sans compter le frein vapeur (si on n’utilise pas de double flux).

= 700 (paille) + 1600 (poteaux & lisses) + 900 (enduit) + 400 (gobetis) + 200 (finition) + 900 (frein vapeur étanche à l’air couplé à la double flux)

Coût de revient des matériaux maison édifiée suivant technique du GREB :

Prix d’une maison classique isolée en paille méthode du GREB :

  • Murs extérieurs édifiés méthode GREB = 4 700€ soit 55€/m2
  • Ouvertures (double vitrage argon avec un Uw< 1,4) = 8 500€
  • VMC double flux qui inclus un puits canadien géothermique = 7 000€
  • Sol isolé paille et arrimage (sans terrassement, sur plots) = 10 900 – 350 = 10 550€
  • Toiture isolée en paille = 10 700 – 350 = 10 350€
  • Outillage nécessaire (visseuse, scie circulaire, à sabot…) = 4 000€ (2) (idem)

TOTAL matériaux MOB paille classique de 100 m2 = 45 100€ soit 451€/m2.

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2.1.3. Le Paligloo, maison en paille et en palettes de récupération :
Paligloo monté par son créateur Denis Lefranc pour 3 000 € de matériaux !

C’est une technique unique très spécifique pour édifier une M.O.B. isolée en paille en utilisant des palettes récupérées prédécoupées puis disposées de manière à former une ossature en forme de dôme (c’est un icosaèdre tronqué exactement) dans laquelle est introduite l’isolant naturel. Son concepteur, Denis Lefranc est aussi français comme pour l’Écoquille et le Brikawood. Quels talents en France !

paligloo_4
Paligloo (non terminé) à l’Ecocentre de Bourgogne

Le but poursuivi avec ce projet est de permettre à tout auto-constructeur de mettre en oeuvre une maison à partir de matériaux recyclés (bouteilles et pneus pour le socle, bois des palettes pour l’ossature) à haute valeur environnementale et surtout très économique.

Le paligloo présenté en photo ci-dessus a coûté 3 000€ de matériaux pour 4 pièces au total, soit 70 m2 et 43€/m2 (détails des frais ICI) !

Une carte des paligloos montés en France est disponible sur le site du concepteur (une dizaine de projets présentés). Cette petite vidéo donne une idée de l’agencement de l’ossature :

Avantages et inconvénients des paligloos :
  • M.O.B. très économique grâce aux matériaux récupérés : bois des palettes, pneus et bouteilles pour le socle ! Restent à acheter : ouvertures, grillage (qui maintient la paille), visserie, bois pour la charpente, le sol, la toiture (bardeaux à faire soi-même, tôles, tuiles…). Coût détaillé ci-dessous : 335€/m2 (sans la VMC) soit moins chère que la M.O.B. classique (499€/m2), celle en bois cordés (410€/m2), l’Écoquille (460€/m2), la maison en paille classique (480€/m2) ou celle la maison ne paille méthode GREB (441€/m2) – Voir comparatif des tarifs.
  • Grandes qualités environnementales : excellente hygrométrie, recyclabilité des matériaux, le manque d’inertie de la structure est compensé par l’enduit intérieur (argile par exemple) et extérieur (chaux et sable),
  • Maison à classer dans les habitats légers et démontables,
  • Formes extérieures en fonction du positionnement des bottes de paille : des bosses ou des creux peuvent apparaître et ne pas forcement plaire au niveau esthétique,
  • Simplicité de mise ne oeuvre,
  • Habitat entièrement modulable mais difficile de créer de grands espaces : on verra la juxtaposition de dômes (ou pièces) de 40 m2 maximum car, pour de plus grandes surfaces, la structure (accolement d’hexagones) n’est pas adaptée (le dôme ainsi formé serait trop haut),
  • Nécessite beaucoup de main d’œuvre (idéal pour créer des liens sociaux à travers des stages de formations) : montage des hexagones (en atelier), création de la structure en forme de dôme (positionnement de tous les hexagones), mise en place des bottes de paille, protections intérieure et extérieure par couches successives d’enduits,
  • Type d’habitat léger difficilement compatible avec l’utilisation d’une double flux : diminution du coût mais aérations à prévoir…
  • Forme spécifique (dôme) qui dégage une très belle énergie et remonte le taux vibratoire du lieu donc le taux vibratoire des personnes qui y vivent.
Coût d’un mur d’un habitat du type paligloo :

Il est sérieusement réduit grâce à l’emploi de matériaux recyclés (bois des palettes). Ce mur extérieur nécessitera :

  • des bottes de paille : de taille standard (1 m x 0,30 m x 0,40 m couvrant 0,30 m2), il en faudra sur 86 m2 (113 – 27 m2) = 86/0,30 = 287 arrondis à 300 bottes de paille soit 300 x 3€ = 900€.
  • du bois récupéré grâce aux palettes.
  • du grillage standard (grillage de poule) : 3€/m2 soit 86 m2 x 3 = 300€.
  • un enduit sur 8 cm d’épaisseur (4 cm à l’intérieur et 4 cm à l’extérieur) et sur 86 m2 d’un côté comme de l’autre soit 0,08 m x 86 m2 = 7 m3 d’enduit (théorique) à bancher mais 11 m3 en réalité (tenir compte de la densité de différents matériaux qui se mélangent : dosage ICI). Composition de l’enduit :
    • 4 volumes (44% soit 4,9 m3) de sciure : à récupérer dans une scierie (gratuit),
    • 1 volume (11% soit 1,2 m3) de chaux aérienne (1 litre = 0,7 kg) soit 24 sacs à 14€ soit 340€
    • 1 volume (11%) de ciment soit (1 litre = 1,2 kg) soit 42 sacs à 6€ soit 250€
    • 3 volumes (33% soit 3,7 m3) de sable soit un petit camion à faire livrer : 300€
    • Total pour 11 m3 d’enduit banché = 340 + 250 + 300 = 890 € arrondis à 900€.
  • un enduit de finition à l’extérieur (ou bardage mais bien plus cher) sur 1 cm aussi (1 m3 en théorie mais 1,6 m3 en réalité) d’épaisseur composé de :
    • 4 volumes de chaux aérienne (1 litre = 0,7 kg) soit 5 sacs à 14€ soit 70€
    • 3 volumes de chaux hydraulique (1 litre = 0,78 kg) soit 4 sacs à 11€ soit 40€
    • 20 volumes de sable soit 74% soit 1,2 m3 estimés à 90€
    • Total pour 1,6 m3 d’enduit de finition = 70 + 40 + 90 = 200€

TOTAL coût murs extérieurs édifiés avec la technique de la paille porteuse = 2 300€ pour 86 m2 soit 27€/m2 sans frein vapeur car pas de double flux (sinon 38€/m2).

Coût des matériaux d’une maison de 100 m2 comportant 3 dômes de 33 m2 :

Le prix de cet habitat comportera 3 paligloos accolés de 34 m2 chacun (rayon = 3,3 m; circonférence de 20 m) soit 102 m2 au total :

  • Murs extérieurs des 3 dômes (pourtour de 3 demi-sphères) = surface de 68 m2  (pour un rayon de 3,3m) soit une surface totale de (68 m2 x 3) – 27 m2 (= surface des ouvertures) = 177 m2 pour un coût de 177 m2 x  soit 27€/m2 = 4 800€
  • Ouvertures (double vitrage argon avec un Uw< 1,4) = 8 500€
  • Sol isolé paille et arrimage (sans terrassement, sur plots) = 10 900 – 350 = 10 550€
  • Toiture isolée en paille des 3 dômes (surface de chaque toit = 50 m2 pour un rayon de 4 m) pour un coût total de 5 600€ :
    • 3 charpentes (150 m2 au total) dont bois partiellement récupéré sur palettes : 1 000€,
    • tuiles (terre cuite ou bardeaux) sur 150 m2 = 20 x 1.30 (tuiles autres plus chères) €/m2 x 150 m2 = 3 900€
    • zinguerie sur 60 m soit 1 600€ comme la M.O.B. standard
  • Outillage nécessaire (visseuse, scie circulaire, à sabot…) = 4 000€ (idem)

TOTAL matériaux MOB paille classique de 100 m2 = 34 400€ soit 344€/m2.

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2.2. Les maisons en paille porteuse ou murs porteurs :

http://empreinte.asso.fr/wp-content/gallery/asso-photo-2009_stage-paille-porteuse/st_paille-porteuse_guipry2009_groupe.JPGIci, dans cette technique dite « Nebraska » le poids de la charpente et de la toiture ne repose pas sur des montants contreventés ou des poteaux, madriers ou poutres mais sur les murs composés uniquement de ballots de paille bien tenus ensemble (sans mortier !) qui peuvent être de petites bottes ou bien plus énormes, tout dépend de votre fournisseur. Cependant, pour assurer la stabilité de l’ensemble, il faut tout à la fois :

  • des tiges (en bambou, bois ou acier si vous n’avez pas autre chose) qui seront scellées dans les fondations pour stabiliser les ballots qui, au sol, vont s’empaler dedans,
  • enfoncer verticalement de grandes tiges en bambou ou bois (acier si vous n’avez pas autre chose) dans les murs pour solidariser les ballots entre eux,
  • les bottes sont posées à plat (meilleure stabilité) et montées en quinconce, décalés comme un mur en briques afin de solidifier l’ensemble,
  • des lisses hautes massives, épaisses et larges (de la même dimension que le mur en paille) qui vont être posées en haut, dessus les ballots afin de bien répartir les charges (poids de la charpente, des tuiles et éventuellement de la neige),
  • le mur peut être compacté artificiellement grâce à des sangles plutôt que des tiges comme expliqué pour raccourcir le temps de tassement,
  • des montants en bois assez massifs (pour ne pas casser lors du tassement) qui sont nécessaires aussi tout autour des ouvertures : fenêtres, portes,
  • des enduits intérieurs et extérieurs qui ne seront réalisés que 6 à 8 semaines après la pose du toit, une fois le tassement terminé.

Exemple de construction très simple et très peu onéreuse (10 000€ de matériaux) d’une petite maison en paille porteuse avec Patrick Baronnet bien connu des auto-constructeurs avec sa maison autonome :

Avantages de la technique de paille-porteuse :
  • Réalisation des murs extérieurs très rapides surtout si l’auto-constructeur est mécanisé et utilise de gros ballots de paille : économie en termes de temps et d’argent,
  • Moins de brassage de volume de bois car les murs en paille sont porteurs. Attention, des tests (voir Paul Weiner qui a monté 2 maisons similaires et a pu comparer cette technique et celle d’une MOB en paille : voir « construire en paille aujourd’hui » – Éditions « Terre vivante » page 81) montrent que cette technique utilise autant de volume de bois que la M.O.B. isolée en paille car les quelques pièces nécessaires sont chacune d’une section bien plus importante…
  • Technique plus facile à mettre en œuvre pour de petits projets (sans trop d’ouvertures, cf. ci-dessous).
Inconvénients de la technique de paille-porteuse :
  • Nécessite de réelles compétences techniques,
  • Manipulation des gros ballots avec d’indispensables engins (qui permettent de gagner du temps) comme le positionnement de la charpente sur la structure en paille qui doit se faire (prudemment) bien à l’horizontale afin de bien répartir son poids (à moins d’utiliser des fermettes…),
  • Aucune économie sur le volume de bois !
  • Difficultés pour positionner les ouvertures exactement où l’on désire et la surface vitrée totale ne doit pas être trop importante pour ne pas compromettre la portance des murs (c’est leur fonction ici !).
  • Il faut construire les murs rapidement car on ne peut pas poser le toit avant ! Donc gare à la pluie…
  • Construction plutôt destinée à un auto-constructeur car surcoût demandé par l’assureur si intervention d’un professionnel pour la garantie décennale.
Coût d’un mur édifié avec la technique de paille-porteuse :

Ce procédé concerne l’édification des seuls murs extérieurs (40 cm de large au minimum) en n’utilisant du bois que pour les ouvertures et les lisses (basses et hautes). Dans sa version la plus économique, ce mur nécessitera :

  • des bottes de paille : même si on peut utiliser des bottes de taille très diverses, on prendra, pour ce calcul, des bottes de taille standard (1 m x 0,30 m x 0,40 m couvrant 0,30 m2). Nombre nécessaires sur 86 m2 (113 – 27 m2) = 86/0,30 = 287 arrondis à 300 bottes de paille soit 300 x 3€ = 900€.
  • Bois nécessaire (lisse haute et lisse basse isolée, angles et tour des ouvertures) : volume moindre que pour la M.O.B. méthode GREB mais de section plus forte (pour résister au poids de la paille et pour les lisses) donc coût équivalent soit 1 100€.
  • Location engins (+ sangles) : pour positionner et comprimer bottes et toit sur la structure en paille soit 500€.
  • un enduit sur 8 cm d’épaisseur (4 cm à l’intérieur et 4 cm à l’extérieur) et sur 86 m2 d’un côté comme de l’autre soit 0,08 m x 86 m2 = 7 m3 d’enduit (théorique) à bancher mais 11 m3 en réalité (tenir compte de la densité de différents matériaux qui se mélangent : dosage ICI). Composition de l’enduit :
    • 4 volumes (44% soit 4,9 m3) de sciure : à récupérer dans une scierie (gratuit),
    • 1 volume (11% soit 1,2 m3) de chaux aérienne (1 litre = 0,7 kg) soit 24 sacs à 14€ soit 340€
    • 1 volume (11%) de ciment soit (1 litre = 1,2 kg) soit 42 sacs à 6€ soit 250€
    • 3 volumes (33% soit 3,7 m3) de sable soit un petit camion à faire livrer : 300€
    • Total pour 11 m3 d’enduit banché = 340 + 250 + 300 = 890 € arrondis à 900€.
  • un enduit de finition à l’extérieur (ou bardage mais bien plus cher) sur 1 cm aussi (1 m3 en théorie mais 1,6 m3 en réalité) d’épaisseur composé de :
    • 4 volumes de chaux aérienne (1 litre = 0,7 kg) soit 5 sacs à 14€ soit 70€
    • 3 volumes de chaux hydraulique (1 litre = 0,78 kg) soit 4 sacs à 11€ soit 40€
    • 20 volumes de sable soit 74% soit 1,2 m3 estimés à 90€
    • Total pour 1,6 m3 d’enduit de finition = 70 + 40 + 90 = 200€
  • le frein vapeur étanche à l’air (Intello plus) : 4,50€/m2 pour 200 m2 (100 + 100 p/ le plafond) = 900€.

TOTAL coût murs extérieurs édifiés avec la technique de la paille porteuse = 4 500€ pour 86 m2 soit 52€/m2 ou 42€/m2 si on ne pose pas de frein vapeur (si on n’utilise pas de double flux).

Coût des matériaux d’une maison construite avec la technique de paille-porteuse :

Prix d’une maison édifiée en paille porteuse :

  • Murs extérieurs édifiés méthode GREB = 4 500€ soit 57€/m2
  • Ouvertures (double vitrage argon avec un Uw< 1,4) = 8 500€
  • VMC double flux qui inclus un puits canadien géothermique = 7 000€
  • Sol isolé paille et arrimage (sans terrassement, sur plots) = 10 900 – 350 = 10 550€
  • Toiture isolée en paille = 10 700 – 350 = 10 350€
  • Outillage nécessaire (visseuse, scie circulaire, à sabot…) = 4 000€ (2) (idem)

TOTAL matériaux MOB paille classique de 100 m2 = 44 900€ soit 449€/m2.

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3. Réseau des constructeurs en paille en France :

  • Réseau Français de la Construction Paille anciennement appelés « Les Compaillons » pour tout savoir sur la construction en paille : annuaires de professionnels, contacts auprès d’adhérents, brochures, conseils techniques, formations (« Pro-paille »), téléchargements, ressources…
  • Association « Approchepaille » (Association pour promotion et la construction d’habitats en paille) : renseignements, témoignages, détails techniques, D.T.U, guides pratiques, forum….
  • La maison en paille : qui est, depuis 15 ans, un organisme de formation pour stages, livres dans le domaine de la construction en paille mais aussi par exemple pour auto-construire un poêle de masse (très usité dans les maisons passives).
  • Association empreinte (située en Bretagne) qui organise tous les ans des stages et formations dédiés à l’habitat écologique notamment sur la technique de paille-porteuse qui reste confidentielle en France contrairement aux États-Unis ou à l’Angleterre.

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4. Rénover une maison ancienne avec de la « terre paille » ou terre allégée :

Afficher l'image d'origineConstruire à l’aide du matériau dénommé terre allégée, version moderne du torchis (cf. au § 2 ci-dessous les définitions de ces termes) permet, que l’on isole des murs extérieurs, des cloisons intérieures, des planchers ou même des plafonds d’associer généreusement un peu de terre argileuse et une quantité plus importante d’un isolant végétal comme la paille (le plus courant), le chanvre ou encore des copeaux de bois (déchets recyclés). Un architecte allemand a résumé ces différentes techniques dans un livre (ci-contre) qui allient d’excellentes qualités naturelles : peu d’énergies grises, excellentes isolation phonique, régulation hygrométrique, durabilité dans le temps et inertie thermique. On observe aussi une réduction des coûts au niveau des matériaux si on dispose de main d’œuvre (à réaliser dans le cadre de chantiers participatifs où, de surcroît, des liens sociaux se créent et se multiplient).

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4.1. Une cloison en terre allégée en pratique :

Cette petite vidéo montre bien l’intérêt de cette technique qui utilise une ossature bois (ici chevrons espacés de 80 cm) pour isoler ici thermiquement et phoniquement des pièces intérieures en associant un mélange de végétal (généralement la paille) et de la terre soigneusement sélectionnée (propre et contenant de l’argile).

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4.1.1. Comparaison méthode du GREB et terre allégée pour murs extérieurs :

La technique peut être aussi utilisée pour l’isolation des murs extérieurs. Tout dépend si on rénove une habitation ancienne ou si on construit du neuf…

En construction neuve :

Les auto-constructeurs en construction neuve choisissent plutôt la méthode du GREB décrite sur la page liée aux maisons isolées en paille plutôt que la technique de la terre allégée car :

  • sa réalisation est bien plus rapide : il suffit de positionner les bottes de paille sans être obligé de préparer un mélange assez long à réaliser et surtout qui nécessite un temps de séchage très important soit 6 semaines pour 20 cm d’épaisseur… Dans des régions plus humides, réaliser un mur extérieur de 30 ou 40 cm d’épais en terre allégée semble très risqué (risque de pourriture au centre si le temps n’est pas très sec…),
  • le mur en simples bottes de paille est dans ce cas là bien plus isolant (au moins 2 fois plus) car il sera non seulement plus épais (40 cm maxi) mais à épaisseur égale, il possèdera une masse volumique plus faible assurant une meilleure isolation (plus d’air enfermé dans la structure) : entre 80 et 120 kg/m3 pour la botte de paille contre minimum 300 kg/m3 pour le mur en terre allégée du fait de la présence de la terre (barbotine). Comparaison (ci-dessous) : R=6,67 pour un mur isolé en paille contre R=0,3/0,1=3 pour de la terre allégée de 300 kg/m3.
  • dans les deux cas, un enduit doit être réalisé et la technique de GREB permet de le réaliser en même temps que le mur est édifié.

Reste le cas isolé où l’auto-constructeur ne possède pas les bottes aux dimensions identiques (nécessaires pour la méthode du GREB) ou a récupéré de la paille en vrac ou de gros ballots à partir desquels il peut décider de faire de la terre allégée pour ses murs extérieurs…

En rénovation d’une habitation ancienne en terre, pierres, colombages :

Par contre, en rénovation d’un bâtiment ancien, l’utilisation de terre allégée s’associe à merveille et au moindre coût à un mur en pisé, des Colombages ou des murs en pierres.

En effet, ces murs anciens ont une gigantesque inertie thermique assurant un excellent déphasage thermique et une bonne régulation thermique mais n’ont que très peu de pouvoir isolant ! C’est leur point faible : on a froid l’hiver et il fait très frais l’été (grâce à leur inertie thermique qui stocke dans la masse la chaleur estivale).

Leur adjoindre à l’intérieur un doublage de terre allégée permettra, tout en sauvegardant les qualités de la structure porteuse d’origine,  d’améliorer considérablement l’isolation thermique contre le froid et le chaud. Prévoir une masse volumique du mélange terre-paille le plus proche possible de 300 kg/m3 (moins de barbotine et plus de paille) pour maximiser le pouvoir isolant de la fibre végétale (exemple d’un mur épais de 30 cm, tableau des conductivités thermique ICI)  :

  • doublage en terre allégée (= terre-paille) de 300 kg/m3 : R = 0,3/0,1 = 3
  • doublage en terre allégée (= terre-paille) de 400 kg/m3 : R = 0,3/0,12 = 2,5
  • doublage en terre allégée (= terre-paille) de 600 kg/m3 : R = 0,3/0,17 = 1,76
  • doublage en terre allégée (= terre-paille) de 800 kg/m3 : R = 0,3/0,25 = 1,2
  • doublage en paille (botte d’une densité moyenne de 100 kg/m3 : R = 0,3/0,045 = 6,67

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4.1.2. Comment monter une cloison en terre-paille ou terre allégée ?

Pour les cloisons intérieures, la terre allégée sera excellente pour deux raisons principales :

  • augmentation de l’inertie thermique des M.O.B. dont c’est le défaut (trop légère pour stocker la chaleur dans les murs et la restituer plus tard) Pour une bonne isolation phonique (cloisons intérieures épaisses de 10 à 20 cm) : prévoir une masse volumique du mélange terre-paille comprise entre 800 et 1200 kg/m3 (plus de terre, moins de paille pour augmenter aussi l’inertie thermique),
  • meilleure isolation phonique grâce à l’utilisation de la terre mélangée aux fibres végétales ce qui essentiel dans une maison.

Méthode à suivre pour isoler un mur intérieur en terre allégée :

  • créer l’ossature du mur en bois : montants posés verticalement et espacés de 60 cm minimum,
  • fermer ensuite provisoirement cette ossature (image de gauche ci-contre) avec des plaques OSB de chaque côté afin de créer l’espace du futur mur (c’est la banchage que pratiquent les massons),
  • préparer le mélange de terre et d’eau appelé barbotine (sa consistance – comme une pâte à crêpe – dépendra de la présence plus ou moins importante d’argile dans la terre) qui sera mélangée aux fibres pour les enrober et les agglomérer entre eux. Des tests au préalable (décrits dans le livre présenté en tête de page) peuvent être effectués,
  • remplir l’espace du mélange de barbotine et par exemple de paille (image de droite ci-dessus) en prenant soin, une fois qu’on a atteint 90 cm environ de hauteur, de placer à l’horizontale et entre les montants verticaux, un tasseau afin d’éviter que l’ensemble ne bascule une fois qu’on enlèvera (après le séchage) le banchage. Il faut aussi utiliser ce tasseau pour bien tasser le mélange afin d’éviter les vides d’air,
  • décoffrer aussitôt le remplissage terminé, les fibres permettant à l’ensemble de tenir et pour permettre au mur de sécher correctement. C’est le cas dans l’image ci-contre pour la partie gauche du mur, alors que la partie de droite en hauteur n’est pas encore terminée (le banchage en OSB est encore présent). C’est aussi l’occasion de remplir ça ou là les espaces qui ne le seraient pas encore afin d’obtenir une surface parfaite pour recevoir un enduit (une fois le séchage terminé…),
  • laisser cet ensemble sécher (pièces ventilées) au moins 6 semaines pour un mur de 20 cm d’épaisseur,
  • appliquer enfin un enduit en terre mono couche ou à la chaux aérienne.
Avantages de la terre allégée dans une cloison intérieure :
  • très faible énergie grise : terre et paille seulement donc empreinte écologique minimale !
  • matériaux sains car entièrement naturels (pas d’émanations nocives : COV ou autres gaz…),
  • excellente régulation hygrométrique pour évacuer et réguler l’humidité de l’air,
  • excellente isolation phonique (essentielle dans une maison !)
  • faible coût.
Inconvénients :
  • temps de séchage long (6 semaines minimum pour un mur épais d’une vingtaine de cm) donc ne pas utiliser pour des largeurs supérieures à 25 ou 30 cm dans des régions humides ou en hiver à moins de les préfabriquer en atelier auparavant !
  • demande beaucoup de main d’œuvre et de temps de fabrication.

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4.1.3. Coût et temps de réalisation d’une cloison en terre allégée :

D’après le très sérieux la Maison Écologique n° 56 d’avril-mai 2010 (page 51 – article sur les terres allégées), la pose de la terre allégée sur 20 cm de largeur demande, une fois l’ossature construite :

  • Temps : 45 heures de travail pour 18 m2 pour 2 personnes soit 5 H/m2/personne sans les enduits de finition. C’est énorme reconnaissons le…
  • Coût : dérisoire car la paille peut être gratuite ou très peu chère si elle est récupérée en vrac ou achetée en bottes (entre 0 et 2€ la botte à défaire), la terre (à tamiser et à tester quant à la teneur en argile) étant ponctionnée directement sur le terrain. reste pour l’auto-constructeur à disposer de quelques plaques d’OSB pour le contreventement et du matériel pour fabriquer, mélanger, malaxer la barbotine. Le prix de la cloison revient donc pratiquement à calculer le prix de l’ossature soit des chevrons tous les 60 à 80 cm et quelques tasseaux. C’est bien un des très gros avantages de cette technique naturelle.

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4.2. Les différentes utilisations de la terre crue en habitation écologique :

Les procédés de fabrication d’habitat en terre crue sont nombreux et très répandues partout sur notre planète. Nous allons en citer 4 sans parler des procédés à base de terres cuites (briques, monomurs…) dont l’énergie grise est bien trop importante (à cause principalement de la cuisson de la terre argileuse).

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4.2.1. Le pisé :
Afficher l'image d'origine
Construire en pisé dans le Livradois Forez.

Tout le monde connaît ce procédé de construction qui est le plus répandu au monde. On banche un espace que l’on remplit de terre crue compactée extraite d’un terrain local (avec un pilon, damoir ou pisoir) et ce par couches successives, chacune d’entre elles étant séparées par une strie ou ligne horizontale de mortier de chaux aérienne. Une maison édifiée en pisé repose sur une assise maçonnée en pierre, briques, béton de mâchefer… Les murs sont donc porteurs, très larges (40 à 50 cm) et ont (surtout les plus anciens) du « fruit » c’est à dire qu’ils sont plus larges à leur base qu’en hauteur (meilleure stabilité). Le compactage de la terre est tel que le pisé est souvent appelé « béton de terre ». Le pisé revient à la mode aujourd’hui…

Avantages / Inconvénients du pisé :
  • Excellente régulation hygrométrique, l’humidité aspirée du sol étant évacuée en hauteur du mur,
  • Excellente isolation phonique car la terre est compactée,
  • Très faible énergie grise et empreinte écologique,
  • Excellente inertie thermique qui entraîne un très bon déphasage thermique : au moins une dizaine d’heures qui permettra à l’habitation de rester fraîche l’été en journée (climatisation naturelle),
  • Excellente durabilité dans le temps : des maisons en pisé aujourd’hui datent de plusieurs centaines d’années,
  • Très faible isolation thermique : lambda (conductivité thermique) proche de 1 (bloc de terre crue) ce qui donne : R=0,3 contre R=3 pour de la terre allégée ou R=6,7 pour un mur isolé avec 30 cm de paille) ce qui explique pourquoi peu d’auto-constructeurs le choisissent (sans parler du travail…). On peut rajouter à l’intérieur ou à l’extérieur, contre le mur en pisé des isolants végétaux afin de compenser ce défaut,
  • Colossal travail (ramassage de la terre, tris des gros cailloux, remplissage des coffrages, compactage) qui peut être mécanisé aujourd’hui,
  • Formation nécessaire (savoir-faire local) et outillage à moins de disposer d’une grande quantité de main d’œuvre locale.

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4.2.2. La bauge :

Technique très ancienne (Cob en anglais) qui consiste à édifier un mur (massif donc porteur comme le pisé) par couche successives d’environ 60 cm de hauteur avec un mélange de terre (débarrassée de ses cailloux), eau et fibres végétales (ou animales) sans forcément bancher. On découpe le bord avant qu’il ne soit trop sec. On procède ensuite à un séchage entre chaque couche (4 à 6 semaines comme pour la terre allégée).

Avantages / Inconvénients de la bauge :
  • Excellente régulation hygrométrique, l’humidité aspirée du sol étant évacuée en hauteur du mur (le mur respire : on dit qu’il est « perspirant »),
  • Excellente isolation phonique car la terre est compactée,
  • Très faible énergie grise et empreinte écologique,
  • Excellente inertie thermique qui entraîne là aussi un très bon déphasage thermique,
  • Excellente durabilité dans le temps comme pour le pisé,
  • Inutile de bancher ici (donc l’auto-constructeur a une grande liberté dans sa construction) mais il existe une technique de bauge coffrée comme pour le pisé,
  • Très faible isolation thermique même renforcée grâce à l’adjonction de fibres végétales (R=0,3/0,47=0,63 contre 6,67 pour une isolation en paille de 30 cm !), la masse volumique est encore trop élevée (supérieure à 1 200 kg/m3). Il faudra prévoir l’adjonction (à l’intérieur ou à l’extérieur) d’un isolant naturel.
  • Travail encore plus colossal que le pisé (ramassage de la terre, tris des cailloux, adjonction de fibres, édification ou remplissage des coffrages) qui peut être là aussi mécanisé aujourd’hui,
  • Composition de la terre locale : elle doit contenir un certain dosage d’argile mais pas trop (environ 15 à 20% suffisent : pour le connaître, pratiquer un test de sédimentation) afin de lier les matières végétales entre elles (terre et fibres),
  • Formation nécessaire (savoir-faire local) et outillage à moins de disposer d’une grande quantité de main d’œuvre locale.

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4.2.3. L’adobe :

C’est un mortier de terre constitué de terre crue (avec 15 à 20% d’argile), de sable, d’eau et de fibres végétales (paille) élaboré dans un moule puis séché. On les empile en quinconce puis on les lie avec de l’argile ou de la chaux et du sable pour confectionner des murs porteurs. Ne pas confondre avec les B.T.C. (Briques de Terre Comprimées) qui sont à la fois pressées mais aussi souvent  stabilisées avec un peu de ciment.

Construire maison en sac de terreCertains utilisent des sacs en polypropylène (qui empêchent les remontées d’eau par capillarité) pour confectionner des adobes dans lesquels la terre est tassée et séchée : elle devient très dure. Une couche d’enduit protecteur est ensuite appliquée.

Avantages / Inconvénients de l’adobe (très proche de la bauge) :

Identiques à la bauge présentée ci-dessus car l’adobe est de la bauge présentée sous forme de briques qu’on réassemblent ensuite pour bâtir un mur. Leur défaut : une masse volumique trop importante qui ne leur permet pas d’avoir un pouvoir isolant suffisant, surtout dans nos pays plutôt froids (convient donc très bien aux pays plus chauds).

Il existe des adobes isolantes ou allégées avec, dans le moule, un pourcentage de fibres plus élevé qui va baisser la masse volumique (environ de 1700 kg/m3 à 1000 kg/m3, voir même jusqu’à 700 kg/m3) ce qui nous donnera concrètement une résistance thermique bien trop faible (R=0,75 pour un mur extérieur de 30 cm) alors qu’on obtiendra plus de 6,5 avec n’importe quel isolant naturel pour la même épaisseur. Les adobes même allégées ne conviennent donc pas pour la construction de murs extérieurs dans nos climats.

4.2.4. Le torchis :

C’est de la bauge utilisée pour remplir un espace dans une ossature bois. Il existe (exemples de calcul toujours pour un mur épais de 30 cm) :

  • le torchis lourd (1 400 kg/m3 soit R=0,3/1,05= 0,29) : avec beaucoup de terre, on obtient un mur aux caractéristiques proches du pisé comme décrit ci-dessus,
  • le torchis allégé (300 kg/m3 soit R=0,3/0,12 = 2,5) : même avec plus de fibres (paille en vrac), le pouvoir isolant reste insuffisant pour un mur extérieur (et dans nos régions) comparé aux isolants naturels pour la même largeur.

Le torchis garde les avantages décrits pour le pisé, la bauge ou l’adobe en termes d’inertie thermique, de déphasage, d’isolation phonique, de régulation hygrométrique, de durabilité, d’énergie grise ou de coût (ce qui est déjà pas mal !). Á utiliser pour les murs intérieurs d’un habitat.

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4.2.5. réseaux de la construction en terre crue :

 

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